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Peine de prison pour l’agresseur d’Anthony RAGEOT

Peine de prison pour l’agresseur d’Anthony RAGEOT

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Les faits : un violent coup de pied au visage porté par le joueur exclu

Les faits s’étaient déroulés en novembre dernier alors qu’Anthony s’était déplacé à Beaujeu pour diriger une rencontre de 1ère division du Championnat Seniors du District de Lyon et du Rhône de Football.
Durant le dernier quart d’heure de la rencontre et alors que son équipe menait assez largement au score (1-4), le numéro 8 de l’équipe visiteuse a commis une faute aux abords de la surface de réparation adverse, sifflée par le référé dans le délai imparti des 3 secondes et après avoir senti que l’attaquant déséquilibré ne pouvait profiter de « l’avantage ». Sans laisser à l’arbitre le temps d’intervenir, pourtant venu se positionner à proximité puisqu’il avait décelé une véritable tension, Hamada M. subitement adressé un violent coup de pied à son adversaire.

S’agissant d’un comportement violent, notre collègue de 25 ans n’a alors pas eu d’autre choix que de présenter un carton rouge au fautif…. auquel l’attaquant visiteur a répondu par un regard noir, empreint de nervosité. A cet instant, le joueur exclu, licencié dans une équipe de l’agglomération lyonnaise, a effectué quelques mètres en direction de sa cage, sortant du champ de vision d’Anthony, également masqué par les nombreux coéquipiers venus réclamer une sanction à l’encontre du joueur local qui aurait provoqué les choses…

C’est donc très surpris que notre jeune adhérent a ensuite reçu un très fort coup de pied, venu de nul part et se terminant dans sa mâchoire. Constatant que l’auteur de cette brutalité n’était autre que Hamada M. exclu quelques secondes plus tôt, très atteint et déboussolé, il a légitimement décidé d’arrêter la rencontre, rentrant aux vestiaires accompagné de plusieurs joueurs et des délégués de la rencontre… alors que son agresseur enragé se débattait des quelques personnes venues pour le retenir et dans le but de brutaliser encore d’avantage l’officiel.

S’étant enformé par peur, Anthony a très vite remarqué qu’il saignait de la bouche. Après un long moment de latence et soucieux d’accomplir les formalités administratives en bonne et due forme pour être certain que rien ne puisse lui être reproché (NDLR : tant il s’interrogeait sur les raisons d’un tel geste et commençait déjà à culpabiliser, se demandant s’il n’était pas responsable de ces incidents), le jeune sifflet a essayé de reprendre ses esprits …

Précisons que plus tôt dans la rencontre, le joueur avait montré des signes d’énervement envers un adversaire pour lequel il a été rappelé à l’ordre, choisissant alors de venir défier l’arbitre en se postant à quelques centimètres de son visage au point de recevoir un carton jaune.

Aussitôt l’enceinte sportive quittée, notre adhérent a su adopter les bons gestes, contactant ses responsables et interlocuteurs de l’UNAF afin que le « plan agression » soit déclenché… A partir de ce moment et par ce que l’accompagnement des collègues agressés est une priorité de notre association, Anthony a été soutenu dans l’ensemble des démarches par Guillaume LIONNET (délégué juridique de l’UNAF Rhône).

Bouleversé, inquiété par une douleur à la mâchoire et d’un saignement de la bouche, il s’est d’abord rendu aux urgences, se voyant remettre un certificat mentionnant une incapacité temporaire totale (ITT) de 3 jours. Il est ensuite allé déposer plainte pour « VIOLENCE SUR UNE PERSONNE CHARGEE DE MISSION DE SERVICE PUBLIC SUIVIE D’INCAPACITE N’EXCEDANT PAS 8 JOURS » auprès du Commissariat subdivisionnaire du 9ème arrondissement de Lyon puis s’est attelé à la rédaction de son rapport disciplinaire… toujours avec l’aide de l’UNAF qui lui a également proposé un soutien psychologique.

La procédure sportive

Dès janvier sur le plan sportif, le dossier était examiné par la Commission de Discipline du District. Cette dernière a notamment pris la décision de suspendre le fautif durant 40 années et mettre hors compétition son équipe jusqu’au terme de la saison. Le club mis en cause ayant interjeté appel, c’est la commission régionale d’Appel Disciplinaire de la Ligue Rhône-Alpes qui confirmera deux mois plus tard la décision de première instance dans toutes ses dispositions. Durant ces deux auditions, Anthony a bien entendu été assisté de Guillaume, l’UNAF ayant pris la parole pour déplorer que le joueur n’éprouvait aucun regret pour son geste, rappeler que son comportement des dernières saisons n’avait pas été exemplaire non plus, expliquer en quoi ses agissements mettent en cause le travail bénévole de notre association en matière de recrutement, d’animation et de fidélisation, et enfin justifier le bienfondé d’une sanction collective à l’égard du club (qui malheureusement est la seule mesure qui permet de sensibiliser chacun des acteurs envers les violences dont nous sommes victimes et pour lesquels les anciens avaient mouillé la chemise).

AnthonyPeine de prison finalement plus lourde que celle requise par le parquet à l’encontre du jeune primo-délinquant


C’est ensuite le parquet de Villefranche-Sur-Saône qui a pris la suite du dossier dans des délais assez courts puisque Hamada M. avait été appelé à comparaître devant le tribunal correction le mardi 24 mai 2016…. soit près de 6 mois après les faits… Dès réception de l’avis à victime, notre association organisait un rendez-vous préalable avec nos avocates partenaires. Ce sont donc Maîtres DEBBAH et DECRENISSE qui ont préparé puis assuré la défense des intérêts conjoints d’Anthony et de l’UNAF…. n’hésitant pas à faire valoir que l’agression dont a été victime notre jeune collègue, l’a malheureusement contraint à prendre du recul par rapport à l’arbitrage alors qu’il faisait figure d’espoir et postuler à une candidature à l’examen d’arbitre de Ligue…. c’est notamment dans ce contexte de crise des vocations que l’UNAF s’est constitué partie civile.
Cité pour des violences mais aussi pour avoir détérioré les vestiaires de l’US BEAUJOLAISE, le footballeur amateur ne s’est pas présenté et n’a pas été représenté à l’audience.
Au titre des dommages et intérêts, le tribunal à finalement accordé 800€ à l’UNAF (et 300€ pour couvrir les frais de procédure) puis 1000€ à Anthony en réparation de son préjudice (et 300€). En plus de ces sommes, Hamada M. devra aussi s’acquitter d’une amende de 300€ pour les dégradations du stade. Pour ce qui est des violences, il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis, soit un mois de plus que la peine préalablement requise par le parquet contre ce primo-délinquant.
Ayant depuis eu l’occasion de lire Anthony tant il avait à cœur de nous remercier pour notre indéfectible soutien pendant ces moments difficiles, nous espérons de tout cœur qu’il retrouvera l’occasion, le goût et le temps de remettre un sifflet à la bouche et restons mobilisés pour faire exécuter le précédent jugement… tout en espérant que les précédentes décisions (tant sportives que judiciaires) amèneront une plus solide prise de conscience sur, comme autour des pelouses

GL

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